Publier en open access en 2024 : à quelles conditions ?

Pour vous guider dans vos choix de publications auprès des éditeurs commerciaux, dans un contexte de mouvement constant, nous vous proposons quelques repères.

Cas général

La recommandation est de ne pas payer pour publier en open access sauf quand la revue est exclusivement en open access, que c'est la plus pertinente pour la publication et qu'elle est référencée par le DOAJ - Directory of Open Access Journal (https://doaj.org/) à quelques nuances près - il reste des éditeurs douteux dans ce répertoire mais nous ne disposons pas d'alternative. Quand il y a un choix à faire entre payer et ne pas payer, la revue est dite hybride, c'est à dire qu'on peut la lire uniquement si on y est abonné et on peut lire sans être abonné uniquement quand les auteurs ont payé pour ouvrir leur article. En tant qu'auteur, la démarche conseillée est alors de ne pas payer mais de conserver ses droits patrimoniaux d'auteur en utilisant les licences ouvertes dès la version zéro du manuscrit, à la soumission et jusqu'à la version finale (voir https://www.ouvrirlascience.fr/mettre-en-oeuvre-la-strategie-de-non-cession-des-droits-sur-les-publications-scientifiques/) et de déposer la publication dans Archimer dès son acceptation par la revue. On a alors une publication chez l'éditeur et la même, en accès ouvert, sans surcoût via Archimer. Utiliser les licences ouvertes y compris pour la littérature grise, non éditée, (rapports, mémoires…) est également recommandé. Cette stratégie est également bénéfique même lorsque que le contrat avec l’éditeur prévoit la publication en open access sans surcoût comme ci-après.

Cambridge University press

Le contrat avec Cambridge University Press est reconduit avec un droit de publication en open access sans surcoût pour les membres de l’accord (dont l’Ifremer fait partie). Les ayants droit sont identifiés sur la base de l’affiliation du 1er auteur correspondant.

Liste des revues Cambridge University Press concernées :

https://ifremer.on.worldcat.org/atoztitles/browse/journals?collectionUid=CUP.stm2023&collectionName=Cambridge%20Journals:%202023%20STM%20Collection

Elsevier

La négociation de reconduction de la licence nationale avec Elsevier vient d’aboutir. L’abonnement inclut un droit à la publication en open access sans surcoût, à la condition que le 1er auteur correspondant relève d’un établissement français abonné. Dans le précédent contrat, ces publications étaient payantes avec un tarif réduit. Il s’agit d’une licence nationale, un volume de publication par an est fixé. Au-delà du quota, l’open access sera payant.

Royal Society of London

Depuis janvier 2024, le renouvellement de l’abonnement de l’Ifremer aux revues de la Royal Society of London inclut un droit de publication en open access sans frais supplémentaire, sur identification de l’affiliation du 1er auteur correspondant.

Voir la liste des revues de la Royal Society en fin de ce message.

Wiley

En 2024, l’Ifremer a pu rejoindre l’accord du consortium Couperin avec Wiley incluant un droit à la publication en open access sans surcoût. L’identification des ayants droit est également basée sur l’affiliation du 1er auteur correspondant (« responsible corresponding author ») dans la limite du quota national prévu par l’accord.

Liste des revues Wiley concernées : https://www.couperin.org/wp-content/uploads/2023/02/Couperin-Wiley-2024-Titres-eligibles-publication-OA-avec-domaines-2.xlsx

Autres éditeurs

Hors Cambridge University Press, Elsevier, Royal Society of London et Wiley, les abonnements de l’Ifremer sont des abonnements classiques : en lecture seule, sans prise en charge des frais de publication en open access. Nous vous incitons à être vigilants dès lors qu’un choix est à faire entre payer ces frais ou publier sans frais.

Quelques clés de compréhension des frais de publication en open access

Payer les frais de publication revient à un scénario absurde où les auteurs cèdent gracieusement leur œuvre et leurs droits d’exploitation puis les rachètent à l’éditeur afin de publier en accès ouvert. Archimer permet de diffuser de manière libre et gratuite toutes les publications. En complément, nous vous invitons à utiliser les licences ouvertes, et particulièrement la licence CC BY, dès la v. 0 de vos manuscrits, afin de conserver l’intégralité de vos droits d’auteur et de ne plus céder aucune exclusivité aux éditeurs.

Voir https://www.ouvrirlascience.fr/wp-content/uploads/2023/04/MEN_Guide_non_cession_des_droits_web.pdf

Gardez à l’esprit que l’Ifremer :

  • engage en moyenne 600k€/an pour ses abonnements
  • publie environ 600 articles/an dans des revues

Le coût moyen des frais de publication en open access dans les revues hybrides (auxquelles nous sommes par ailleurs abonnés) est de 2500€/article, soit environ 750€ de plus que dans les revues 100% open access (chiffres 2020).

Voir l’étude https://www.ouvrirlascience.fr/retrospective-and-prospective-study-of-the-evolution-of-apc-costs-and-electronic-subscriptions-for-french-institutions/

En 2022, l’Ifremer a payé en moyenne 2078€/article pour seulement 67 publications, soit plus de 141k€. Pour couvrir les frais de plus de 600 articles/an, il est évident que ce modèle de publication n’est pas soutenable.

Les frais de publication à l’article peuvent être un modèle économique alternatif à celui des abonnements. D’autres modèles existent, comme le modèle Diamant qui place les publications au rang de bien commun en supprimant toute transaction financière entre auteur-éditeur-lecteur. Ce modèle reste rare ; il repose sur du mécénat. Le répertoire de référence pour les revues 100% open access, dont les revues Diamant, est le https://doaj.org/. Utilisez le filtre « Journals without fees » pour identifier les revues non commerciales.

N’hésitez pas à contacter le Service Information Scientifique et Technique (blp@ifremer.fr) si vous avez des doutes en matière de publication.